Accueil
 > Rapports de TEC > Blogue de TEC > L’ERP mis à nu : Les technologies sous-jacentes

L’ERP mis à nu : Les technologies sous-jacentes

Écrit par : Predrag Jakovljevic
Date de publication : avril 14 2008

Introduction

Un progiciel de gestion intégré (PGI, en anglais ERP pour Enterprise Resource Planning) n’est en fait que le simple agrégat d’applications logicielles qui automatisent les différentes fonctions de gestion que l’on retrouve au sein d’une entreprise, comme par exemple la comptabilité, les finances et les ressources humaines. Dans le cadre d’une entreprise manufacturière, le système PGI s’occupe également de la gestion des commandes (prise, traitement et livraison de commandes) ainsi que la planification de la production.

Au tout début, le terme ERP servait à décrire un logiciel intégré et sophistiqué utilisé par les entreprises manufacturières. Dans sa plus simple expression, un système PGI fournit un environnement interactif dont le but est d’aider les entreprises à gérer et analyser tous les processus de fabrication de produits. Ces processus couvrent généralement la gestion d’inventaire, la prise de commandes, la comptabilité, etc. Bien qu’elle reste toujours valide de nos jours, cette simple définition évolue en fonction des utilisateurs toujours plus avertis, des attentes de plus en plus grandes de la part des clients, des besoins de production en constante fluctuation et des innovations technologiques incessantes.

Dans le monde des affaires d’aujourd’hui, dynamique, voire turbulent, toute organisation se doit d’être maintenant compétitive à un niveau global. Pour survivre dans ce monde concurrentiel extrême, elle se doit d’être de plus en plus près de son client et de lui offrir ses produits et services à valeur ajoutée le plus rapidement possible. Pour se faire, l’entreprise doit s’assurer de l’intégration optimale de ses processus internes, c’est-à-dire qu’ils puissent fonctionner le mieux possible entre eux. Et c’est justement le point fort d’un système ERP.

Les systèmes d’informations à la base d’un ERP

On ne peut pas séparer un système ERP de son infrastructure sous-jacente basée sur des technologies de l’information (TI) sophistiquées. Un ERP est en effet le meilleur exemple de la symbiose entre le monde des affaires et les technologies de l’information.

Les ERP sont décrits comme étant des systèmes présentant les caractéristiques suivantes :

  • Ils sont basés sur des systèmes ouverts distribués, c'est-à-dire sur une architecture client/serveur. Ils se démarquent des anciens systèmes de gestion de la production (en anglais MRP pour Manufacturing Resource Planning) qui étaient basés sur des gros ordinateurs centraux ou bien des mini-ordinateurs, mais tous étaient dépendants d’une architecture propriétaire. Ils contrastent également avec les systèmes basés sur des micro-ordinateurs (PC).

  • Ils sont basés sur un système de gestion de bases de données relationnelles (SGBD-R) distribuées. C'est-à-dire qu’ils mettent en jeu plusieurs copies d’une base de données de production qui sont chacune totalement transparentes pour les utilisateurs quelle que soit leur localisation. L’accès aux données s’effectue au travers d’un langage structuré de requêtes (en anglais SQL pour Strucutured Query Language). De plus, la base de données doit être partie intégrante de l’application logicielle elle-même (gestion de production, de la distribution, des commandes, des achats, etc.). Seuls les SGBD de haut calibre peuvent subvenir à la demande importante générée par les systèmes ERP d’aujourd’hui. De nos jours, les systèmes ERP n’ont d’autres choix que de fonctionner sur des bases de données telles qu’IBM DB2, Oracle, Informix, et Microsoft SQL Serveur. Bien souvent, les éditeurs même de ces logiciels n’offrent pas d’alternative quant à la marque de bases de données à utiliser. Jusqu’à tout récemment, le produit Sybase était laissé pour compte mais a rattrapé son retard. De plus, ce n’est pas l’apanage de tous les éditeurs d’ERP que d’être compatible avec la plupart des bases de données largement utilisées de nos jours. Mais le marché est en perpétuel changement. Selon les observateurs, Oracle et Informix représentent le haut de gamme du marché des ERP, tandis que le serveur SQL de Microsoft domine le milieu de gamme.

  • Ils sont écrits avec un langage de quatrième génération (L4G), comparé au langage de troisième génération (COBOL) utilisé dans les anciens systèmes MRP. Ces dernières années, la programmation orientée objet prônant la réutilisabilité de composants est passée d’un statut « avantageux » à « fortement souhaitable ».

  • Ils présentent une interface graphique utilisateur (en anglais GUI pour Graphic User Interface), environnement avec lequel les usagés interagissent par le biais d’applications logicielles. Cette interface fait référence à un écran sur lequel les icônes doivent être sélectionnés et utilisés par un simple clic de souris tel qu’il a été popularisé par le Macintosh de la société Apple et rendu par la suite populaire par Microsoft grâce à son système Windows. L’interface graphique utilisateur est une révolution comparée à l’écran texte (le fameux écran vert) qui a été l’apanage du monde informatique de ces dernières décades. Cette interface a l’avantage de nécessiter moins de formation pour les usagers, les rendant efficaces plus rapidement et plus productifs comparés aux usagers des générations précédentes.

  • Ils touchent toute l’entreprise, permettant même l’exploitation de plusieurs sites à distance. De plus, ces systèmes sont appelés à pousser l’intégration encore plus loin vers les autres fonctions vitales de l’entreprise telles que la gestion des produits, le système de gestion de production, ainsi que l’entièreté de la chaine logistique, c'est-à-dire des fournisseurs jusqu’aux consommateurs.

ERP et matériel informatique

L’évolution constante des technologies de l’information (TI) et la chute significative des prix du matériel informatique rendent maintenant l’acquisition d’un système ERP abordable pour des entreprises de plus en plus petites.

Les ERP font désormais partie des applications logicielles les plus exigeantes en ressources matérielles parce qu’ils sont les piliers des systèmes d’informations des entreprises d’aujourd’hui. En effet, ils doivent offrir une flexibilité exceptionnelle afin de pouvoir répondre aux besoins des géants des affaires actuels (des entreprises de plus de 100 milliards $US de revenus).

Pour ce faire, la taille de la mémoire disponible varie de 1 à plusieurs douzaines de Giga octets (Go) pour les plus grandes installations. L’espace disque dépasse très souvent les 100 Go puisque la nature critique de cette application nécessite la gestion de fichiers d’historique d’activité (en anglais log files), gestion très gourmande en ressources disques. Pour compenser la taille importante des disques, il est important d’opter pour une vitesse de rotation très rapide, ainsi que de s’assurer de leur haute disponibilité par le truchement de systèmes de disques redondants (en anglais RAID pour Redundant Array of Independant Disks).

ERP et système d’exploitation

Les applications ERP nécessitent également l’utilisation d’un système d’exploitation de haut calibre proposant une exécution multi tâches, un environnement multi utilisateurs et un traitement multi fils afin d’assurer la plus haute performance.

Pour une meilleure flexibilité, le système d’exploitation doit être compatible avec les dernières technologies des processeurs telles les architectures 32 bits et 64 bits, ainsi que le traitement multi processeur symétrique (en anglais SMP pour Symmetric Multi Processing).

De tels systèmes de dernière génération sont présentement utilisés par des applications ERP et comptent parmi eux des versions UNIX (Sun Solaris, HP-UX, DEC-Unix, IBM AIX), les serveurs Windows de Microsoft, AS/400 et MVS d’IBM, et Linux faisant sa première apparition sur le marché des ERP. Malheureusement, tous les éditeurs de systèmes ERP n’offrent pas une version de leur logiciel pour chacun de ces systèmes d’exploitation.

Il n’y a aucune panacée permettant de choisir le système d’exploitation optimal pour un projet ERP donné. Toutefois, les systèmes UNIX représentent généralement le choix de prédilection pour les projets de plus grande envergure, alors que les serveurs Windows dominent le marché du milieu de gamme (à peu près 50% de part de marché). En raison de ces améliorations continuelles, on s’attend à ce que les serveurs de la famille Windows deviennent dans un futur proche des concurrents sérieux également dans le segment haut de gamme.

Architecture des systèmes ERP

Les premières applications ERP ont été écrites pour fonctionner avec un ordinateur central (en anglais mainframe).

Dans cette configuration, le macroordinateur est le cerveau de cette architecture puissante alors que les terminaux dit « passifs » permettent seulement aux utilisateurs d’entrer et d’accéder aux données. Parce qu’un terminal passif est la simple combinaison d’un clavier et d’un écran, donc dépourvu d’un microprocesseur, il ne peut être responsable d’un quelconque traitement de l’information à l’exception de sa saisie et son affichage.

Les ordinateurs personnels ou micro-ordinateurs sont maintenant suffisamment puissants pour permettre l’exécution de certaines tâches qui étaient autrefois réservées aux seuls gros systèmes. Combinés avec de plus gros ordinateurs (mini ordinateurs ou serveurs micro), ils constituent un système appelé client/serveur.

L’architecture client/serveur répartit ainsi le travail entre ces 2 ordinateurs. Le client est l’ordinateur de bureau qui est responsable de l’affichage et de fonctions basiques (interface graphique Windows), alors que le serveur ou l’ordinateur central contient la base de données et les applications logicielles (voir figure1).


Figure 1 Architecture client/serveur à deux ou trois tiers

L’architecture client/serveur représente le choix de prédilection de beaucoup de sociétés d’aujourd’hui pour plusieurs raisons.

  • Tout d’abord, l’utilisation d’ordinateurs personnels à la place de terminaux passifs permet de disposer de plus de puissance de calcul. Le traitement engendré par l’interface graphique est gros consommateur de temps processeur et ne peut donc être réalisé sur l’ordinateur central. La seule solution est de déporter ce traitement sur les ordinateurs personnels.

  • Ensuite, la rapidité de tout le système augmente grâce à la possibilité offerte par les bases de données distribuées.

  • Enfin, les coûts en matériels informatiques sont considérablement inférieurs à ceux liés aux ordinateurs centraux.

La stratégie d’implantation d’un système client/serveur se fait généralement selon une architecture deux tiers, trois tiers, n-tiers ou internet/intranet. La différence entre une architecture deux tiers et trois tiers est expliquée à la figure 1.

Dans l’architecture deux tiers, l’ordinateur client se connecte à un seul serveur. Le serveur contrôle généralement la base de données centralisée alors que le client s’occupe de l’interface utilisateur. La différence entre les deux réside dans le fait que le serveur répond aux requêtes de plusieurs clients, alors que les postes clients ne soumettent leurs requêtes généralement qu’à un seul serveur. Les données sont gérées par une base de données réservée à cet usage afin d’améliorer la performance dans un environnement multi utilisateurs.

La conception en modèle deux tiers place généralement la logique d’affaires au même endroit où les données résident pour assurer une gestion centralisée. Le concepteur décide comment répartir la logique de traitement entre les clients et le serveur. Si une majorité du travail est effectuée au niveau du poste utilisateur, celui-ci est appelé « client lourd ». A l’inverse, si le traitement est effectué en majeure partie sur le serveur, l’application du poste client est appelée « client léger ».

Une application trois tiers ajoute un troisième élément à l’architecture, généralement une base de données utilisée par le serveur pour stocker ses informations. La logique d’affaires peut-être répartie sur plusieurs ordinateurs afin d’augmenter la fiabilité du système et de répartir la charge de traitement. Dans une approche trois tiers, le poste client contrôle l’interface graphique utilisateur et une partie de la logique de traitement.

Un serveur applicatif gère le traitement spécifique à cette application et un ou plusieurs autres serveurs gèrent la base de données principale de l’entreprise. Cette approche permet une meilleure gestion des versions de l’application et des règles d’affaires. La majorité des applications ERP sont bâties autour d’une architecture trois tiers.

L’architecture trois tiers est la principale architecture de type n-tiers. Un système n-tiers répartit la charge de traitement pour de grandes applications en distribuant l’application elle-même en plusieurs morceaux sur différents serveurs. Par définition, une application n-tiers peut-être ventilée en différents modules sur plusieurs ordinateurs. Une fois que les modules sont installés sur des ordinateurs séparés, chacun des ordinateurs et des modules peut-être optimisé pour un usage spécifique tel que base de données, logique d’affaires ou interface graphique. Ces ordinateurs reliés entre eux peuvent partager ces composants avec d’autres ordinateurs et applications afin d’éliminer la duplication d’informations et d’augmenter la performance globale du système. Dans certains scénarios d’application n-tiers, des modules peuvent être délocalisés afin d’améliorer la performance du système pour des sites distants sans compromettre l’intégrité même de l’application.

L’architecture n-tiers permet d’exécuter un nombre illimité de programmes informatiques, l’échange d’information entre ordinateurs, l’utilisation de différents protocoles de communication et facilite l’interaction de façon concurrente. Ce système permet de développer des applications plus puissantes et évolutives, ainsi que de fournir une variété de services à autant de différents clients. Par nature, cette approche engendre des problèmes complexes de conception, d’implantation, de performance et de répartition de charges. Bon nombre de technologies différentes viennent augmenter cette complexité, entre autres les standards CORBA (Common Object Request Broker Architecture) et EJB (Enterprise JavaBeans), le modèle DCOM (Distributed Common Object Model) et le protocole RMI (Remote Method Invocation).

De façon générale, si le recours à une architecture distribuée permet l’écriture de programmes plus rapides, plus puissants et plus robustes, alors tous ces efforts en valent la peine.

Les clients qui achètent des systèmes ERP par exemple réalisent de plus en plus l’importance que l’architecture de cette application joue dans la rapidité avec laquelle les éditeurs de logiciels peuvent implanter, maintenir, personnaliser et intégrer leurs produits avec des modules d’autres éditeurs.

C’est ainsi que les produits développés durant ces dernières années, notamment les ERP, incorporent des environnements de développement orientés objets selon une architecture n-tiers.

La dernière tendance : l’architecture Internet/intranet

L’architecture client/serveur repose sur des protocoles de communication robustes entre les machines impliquées. Les réseaux locaux (LAN) et étendus (WAN) deviennent pour les entreprises un poste de dépenses important et pour certaines un casse-tête. De plus, la mise à jour des versions des logiciels installés sur un nombre important d’ordinateurs différents devient un problème très complexe, voir insolvable. C’est pour cela que beaucoup de départements informatiques étudient l’avantage de passer à une technologie basée sur une architecture Internet/intranet.

Dans cette approche Internet/intranet, les lignes du réseau permettent d’élargir le champ d’action de ces applications sur de très grandes distances. Les ordinateurs clients n’ont plus qu’à communiquer l’URL (Universal Resource Locator) pour rentrer en communication avec les serveurs dont ils ont besoin de l’aide. Les logiciels exécutés sur les ordinateurs personnels peuvent télécharger automatiquement les nouvelles versions afin d’assurer les dernières mises à jour. Avec un système ERP interfacé avec la technologie Web, la mise à jour d’un quelconque logiciel sur le poste client n’est plus nécessaire, la formation est plus rapide et la connexion de sites dispersés pour une même entreprise devient plus simple. Parmi tous les éditeurs de logiciels ERP, PeopleSoft et Oracle sont les plus remarquables dans l’adoption de cette architecture, suivis par Lawson Software qui domine le marché des petites et moyennes entreprises.

Technologies Additionnelles

Les sociétés qui utilisent des logiciels ERP doivent très souvent gérer plusieurs sites qui sont géographiquement dispersés.

Les données doivent donc être transférées entre ces diverses localisations ainsi qu’avec les différents partenaires impliqués dans la chaine d’approvisionnement.

Ces transactions sont facilitées par d’autres technologies ajoutées au système ERP qui sont : la gestion des flux de travaux (en anglais workflow), le travail collaboratif (collecticiel ou synergiciel, en anglais groupware), l’échange de données électroniques (EDI), l’Internet, l’intranet, l’entreposage de données, etc.

Conclusion

De nos jours, les entreprises attendent des systèmes ERP qu’ils répondent à des problèmes qui dépassent les simples processus prenant place à l’intérieur des entreprises.

Ces systèmes doivent s’adresser à tous les joueurs impliqués dans ce que l’on pourrait appeler l’entreprise étendue, c'est-à-dire les personnes et les partenaires avec lesquels ces producteurs collaborent afin de mieux coordonner leur chaine d’approvisionnement.

Le « E » de l’acronyme ERP n’est plus représentatif de la seule Entreprise. Il doit démolir les murs de l’entreprise de production traditionnelle pour l’ouvrir à son environnement au sens large. C’est ainsi que l’architecture des logiciels est appelée à fournir plus que des fonctionnalités, une interface utilisateur et une plateforme matérielle. Elle doit permettre à l’application d’être pérenne en pouvant supporter un nombre toujours plus grand d’utilisateurs et d’adopter des technologies toujours plus performantes dans l’ultime but de répondre aux besoins toujours plus pressants des utilisateurs.

 
comments powered by Disqus
Popular Searches

Recherches récentes :
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z Others

©2014 Technology Evaluation Centers Inc. All rights reserved.